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Afficher les éléments par tag : planete

Comment arpenter, traverser  des territoires en alerte, affronter les éléments dont le calme ou la fureur rassurent et angoissent également ?

A.Clif se confronte à ses œuvres qu’elle nous propose de regarder, questionnant la nécessité même d’exister dans le doute et l’espérance. L’ensemble du travail est bouleversé par des magmas de terre et d’acier, des fulgurances telluriques,  des éclats de lumière inattendus, des effets transparents et vibratoires de l’eau, du souffle léger de l’air.  

Qu’il s’agisse des peintures  flottantes, disques d’acier,   le corpus d’oeuvres est multiple mais parle le même langage ; il se nourrit des mêmes racines, tisse les liens, les démêlent et entremêlent, mixe les techniques, organise l’espace, dans une vivacité et une conscience aigüe des enjeux cosmologiques.

Expérimenter les matières, les broyer, les diluer selon le procédé des peintures flottées, balayer la surface par des traits dynamiques de  pinceau enduits de blancs, noirs, gris ou bruns, laisser le grain se dissoudre, dévoiler parfois la nudité du support comme une incursion dans la matrice.

Dans l’enceinte  de son atelier les oeuvres existent indépendamment, dans une volonté affirmée de faire sens pour et par ce qu’elles sont. Les techniques utilisées sont souvent proches mais le geste se libère différemment en fonction du moment d’exécution,  de la sensibilité, de l’émotion  ou de l’énergie vitale de l’artiste. Il ne s’agit pas d’un pareil au même mais  d’un instant révélé, unique qui fige l’intention selon le format ou le support. 

Dans ses travaux récents A.Clif questionne ses pratiques en  les combinant. La peinture côtoie la matière ;  l’eau et l’encre pénètrent, restent  parfois en suspend, se mélangent avec les terres  qu’elle a rapporté de ses nombreux voyages sur d’autres continents, d’autres hémisphères. Elle introduit fréquemment dans ses oeuvres le  cercle que l’on peut assimiler à la planète Terre. Notre planète, celle des humains,  si proche et  si lointaine, qui  se laisse observer depuis l’ailleurs. Peut- être l’espace sidéral ou une autre galaxie? 

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OUI!  nous avons cette Terre en partage ! Nous en sommes les gardiens. Comme dans un processus de créolisation, se forment alors des archipels, qui font Tout Monde selon le concept d’Edouard Glissant.  Bernadette Clot-Goudard