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Comment arpenter, traverser  des territoires en alerte, affronter les éléments dont le calme ou la fureur rassurent et angoissent également ?

A.Clif se confronte à ses œuvres qu’elle nous propose de regarder, questionnant la nécessité même d’exister dans le doute et l’espérance. L’ensemble du travail est bouleversé par des magmas de terre et d’acier, des fulgurances telluriques,  des éclats de lumière inattendus, des effets transparents et vibratoires de l’eau, du souffle léger de l’air.  

Qu’il s’agisse des peintures  flottantes, disques d’acier,   le corpus d’oeuvres est multiple mais parle le même langage ; il se nourrit des mêmes racines, tisse les liens, les démêlent et entremêlent, mixe les techniques, organise l’espace, dans une vivacité et une conscience aigüe des enjeux cosmologiques.

Expérimenter les matières, les broyer, les diluer selon le procédé des peintures flottées, balayer la surface par des traits dynamiques de  pinceau enduits de blancs, noirs, gris ou bruns, laisser le grain se dissoudre, dévoiler parfois la nudité du support comme une incursion dans la matrice.

Dans l’enceinte  de son atelier les oeuvres existent indépendamment, dans une volonté affirmée de faire sens pour et par ce qu’elles sont. Les techniques utilisées sont souvent proches mais le geste se libère différemment en fonction du moment d’exécution,  de la sensibilité, de l’émotion  ou de l’énergie vitale de l’artiste. Il ne s’agit pas d’un pareil au même mais  d’un instant révélé, unique qui fige l’intention selon le format ou le support. 

Dans ses travaux récents A.Clif questionne ses pratiques en  les combinant. La peinture côtoie la matière ;  l’eau et l’encre pénètrent, restent  parfois en suspend, se mélangent avec les terres  qu’elle a rapporté de ses nombreux voyages sur d’autres continents, d’autres hémisphères. Elle introduit fréquemment dans ses oeuvres le  cercle que l’on peut assimiler à la planète Terre. Notre planète, celle des humains,  si proche et  si lointaine, qui  se laisse observer depuis l’ailleurs. Peut- être l’espace sidéral ou une autre galaxie? 

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OUI!  nous avons cette Terre en partage ! Nous en sommes les gardiens. Comme dans un processus de créolisation, se forment alors des archipels, qui font Tout Monde selon le concept d’Edouard Glissant.  Bernadette Clot-Goudard

Exposition Nos Terres

jeudi, 24 septembre 2026 07:33

 

 

 

 

 

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"Nos Terres" A.Cliff et Anne de Sagey

Du 5 Novembre 2026 au 28 Janvier 2027

3 place Félix Baret - 13006 MARSEILLE

Comment représenter notre planète Terre, fragile et nourricière dont nous sommes responsables? - Bernadette Clot Goudard
Travail sur "nos terres" : les territoires que nous occupons dans les différentes cultures. - A.CLIF
Peintures flottantes et matière avec les sables et pigments ramenés de mes voyages Planètes : peintures flottantes/ disque d’aluminium

Centre d'art six fours

mercredi, 07 juin 2023 12:38

Lorsque les vibrations du minéral croisent l'inscription du temps dans la matière sous l'influence des éléments nous voilà au cœur de l'exposition où dialoguent les sculptures de Beaumont et les œuvres d'A.Clif
Beaumont avec ses figures polychromes taillées dans la pierre ou le bois, cherche à  transmettre ces vibrations qui  nous relient au minéral ou au végétal : fonctions de « reliance » au grand tout.
Sur ce long chemin de créateur A.Clif nous convie à la fois à une perception de notre temporalité ainsi qu'à une ouverture sur la dimension intérieure de la personne humaine capable de mettre un langage sur sa 'reliance' au temps, à la matière, aux éléments.

Lire l'inscription du temps dans la matière, appréhender la "pâte " qui constitue la peau humaine et celle de la croûte  terrestre avec ses  strates faisant d'elles une mémoire du temps en perpétuelle évolution ce sont là deux  chemins pour entrer dans le travail plastique d'A.Clif.
Son oeuvre est immersion, immersion des toiles dans l'eau, immersion dans le cœur de la matière pour y déceler la lumière, immersion dans le" process" de la verticalité pour relier deux horizontalités celle du ciel et celle de la terre.

En osant l émotion devant le travail de ces deux artistes, nous sommes invités au voyage du tout au particulier, de la finitude de la matière à l'incroyable ressource du souffle de vie...

Dominique Dessolin Aumonier des artistes

Depuis plusieurs années, les préoccupations d'A.Clif se situaient dans une approche cosmique de l'appréhension du monde. Son territoire d' expérimentation convoquait les éléments, à la rencontre, voire même la fusion, des forces telluriques, minérales, astrales, invitant le spectateur à pénétrer dans un questionnement spirituel du monde.
Les procédés techniques employés, collages, grattages, combustion, larges aplats de blancs, masses argileuses, ferrugineuses, peintures flottantes, macrophotographies, déclinaient un vocabulaire matiériste pour mieux sonder l'immatériel, l'infini de l'univers.
Aujourd'hui, sa vision du sublime, sa fascination pour la nature sont toujours intactes,

La longue période de confinement et de repli sur soi que nous avons subie, la mise à jour des dangers planétaires liés à la surconsommation et la mondialisation ont amené A.Clif explorer d'autres champs, proches de la terre nourricière, jugés prosaïques par certains, mais indispensables à notre survie
Au hasard de ses promenades, sur des chemins familiers, en compagnie de personnes initiées, elle a découvert un nouveau monde, celui du végétal, plus exactement, celui de ces herbes sauvages comestibles, succulentes qualifiées de simples, passant souvent inaperçues, que l'on piétine avec désinvolture, dont les recettes s'élaborent dans le secret des cuisines pour le plaisir de nos papilles.
Elles ont été oubliées, méprisées, éradiquées au profit de l'agriculture mécanisée qui dévaste nos paysages naturels, alors qu'elles sont un espoir pour l'humanité.
A.Clif met au service de sa pratique artistique, sa connaissance de ces plantes, leur diversité, leurs vertus médicinales, nutritives et créatives. Dans le sillage d'Herman de Vries, elle prélève des éléments de nature, réalise des photographies, cyanotypes, collages, superpositions, peintures flottantes, qu'elle confronte avec ces précédents travaux. Elle trouve des analogies, organise des dialogues, associe des contraires, relie les processus d'évolution ou de métamorphoses.
Dans l'exposition, la place du minéral est aussi essentielle que celle du végétal. La pierre qui provient de la roche ou de la falaise devient gravier, sable et poussière comme la feuille et la fleur s'élèvent de la tige qui s'enracine dans le sol et s'en nourrit. La plupart des œuvres présentées laissent apercevoir la trace, l'empreinte, la membrane de la feuille ou de la fleur, la fissure ou l'échancrure de la roche ou de la paroi, la ride ou la plissure de la peau comme autant de mystères à sonder, de mémoires à retrouver. Des éclats de lumières, des iridescences, des fibrillations, le jeu des transparences et de la dilution traversent les œuvres.
Si elle ne se détache pas d'une approche sensible et romantique de la nature comme chez Novalis ou Thoreau, une sorte de nostalgie de la guérison du monde se dégage de ce corpus de créations, mais l'artiste ne cherche t'elle pas également à aiguiser notre conscience, face à la fragilité de notre environnement naturel? 
Dans son essai : l'avenir des simples l'écrivain et poète jean Rouaud, sollicite notre capacité à résister pour un monde meilleur, á reconquérir notre territoire, changer notre alimentation, retrouver les savoirs-faire des monastères médiévaux. N'est-ce- pas de cela aussi dont il s'agit dans cette exposition qui, tout en finesse et frémissements, nous invite à cheminer, contempler la nature, être attentifs à ses cycles et cueillir ce qui se trouve juste là, sous nos pas, à portée de main.  
Face au développement mortifère de notre société Anne -Claude Ferdinand propose une nouvelle culture de la nature, écologique, hollistique et universelle capable de répondre aux enjeux environnementaux qui menacent notre planète.

Quelle est la nature de ce luxe qui amollit et détruit les nations. sommes nous surs que notre propre vie n'en souffre pas? 

Henry D. Thoreau, Walden ou la vie dans les bois,

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